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Mon Enfance et moi.

Comme beaucoup de gens, j’ai eu une enfance. Une simple enfance, sans histoires, puisqu’il paraît que les enfances heureuses n’ont pas d’histoires… A l’époque, j’écrivais « enfance » avec une minuscule à l’initiale, parce que, dans ma juvénile ingénuité, je ne me rendais pas encore compte du rôle que cette Enfance allait jouer dans ma vie.

Mon Enfance et moi, nous avons grandi ensemble, comme il se doit. Plus exactement, je grandissais, et elle restait petite. J’étais bien avec elle, et elle était bien en moi. Cette cohabitation paraissait longue, on avait l’impression qu’elle ne finirait pas… Et pourtant, lentement, imperceptiblement mais sûrement, le temps a passé, passé, repassé sans même prendre le temps de faire une seule pause café, et un jour, il a fallu se rendre à l’évidence : il était temps de grandir. Mon Enfance était toujours en moi, mais elle commençait à se perdre dans ce corps devenu trop grand pour elle. Elle donnait parfois de la voix pour rappeler sa présence, mais seul un écho obstiné lui répondait. Elle a donc décidé que l’heure était venue pour elle de sortir. Elle s’est dissociée de l’enfant que je n’étais plus, elle est sortie de mon corps, et je l’ai vue se dresser en face de moi. Elle avait l’aspect d’une petite fée rieuse, d’un esprit des noëls passés, elle était à la fois romantique et taquine, gouailleuse et rêveuse.

Je lui ai alors demandé, d’une voix émue que j’essayais de dominer :
« Je suppose que si tu m’apparais, c’est pour me dire adieu. »
Elle est partie d’un grand éclat de rire :
«Mais ça va pas, la tête ?! Je ne te quitterai jamais, à moins que tu ne le souhaites, et je sais que c’est loin d’être le cas ! C’est à partir de maintenant qu’on va vraiment s’aimer, mon grand : je serai ta frangine, ta confidente, ton pote de régiment, ton alter ego… Y a pas de meilleurs amis qu’un adulte et son Enfance, coco, mets-toi bien ça dans la caboche ! »

Elle avait raison… Encore aujourd’hui, où que j’aille, quoi que je fasse, dise ou pense, mon Enfance n’est jamais loin, et quand je rentre du travail, quand j’ai passé quelques heures à jouer le rôle de composition d’un professeur sérieux, elle surgit dès que j’ouvre la porte, elle me serre dans ses bras fantasmagoriques, et je l’étreins affectueusement comme une vieille camarade de jeu, ma chère Enfance, si multiple et si unique…

Un soir où nous étions occupés à trinquer, le gobelet de lait fraise à la main, elle me commentait les planches de BD qui ornent les murs de mon salon, puis, soudain, elle a pris un ton plus grave :
« Dis-moi, j’me rends pas bien compte, mais… c’est pas trop dur d’être adulte ?!
- Non, c’est bien d’être adulte. C’est mieux que d’être un enfant. C’est un univers plus riche, on a plus de liberté, on a un horizon plus large…
- Plus de responsabilités aussi, moins d’insouciance, moins d’innocence…
- D’accord, mais ça fait partie du jeu. Le monde adulte est parfois décevant, mais souvent passionnant. Certes, il est loin d’avoir ta douceur, mais c’est ce qui me permet de mesurer la chance que j’ai de t’avoir à mes côtés. Avant, je t’aimais bien, mais je croyais qu’il n’y avait que toi, donc, je ne voyais pas toutes tes qualités.
- Et tu me vois comment ? Comme un abri, un refuge, une galerie souterraine qui te permet d’échapper au réel ?
- Surtout pas ! Rien de tout ça ! Tu es un baume, une pommade très efficace pour les écorchures des jours gris… Une douce présence qui me rappelle que les choses passent, mais continuent à vivre tant que la mémoire les entretient. C’est aussi grâce à toi que je me suis construit, c’est toi qui m’as donné les clés pour ouvrir les portes de ma vie adulte. Et c’est tout ce que je demande à mon Enfance !
- C’est ce que j’avais envie de t’entendre dire ! » répondit-elle avec un fin sourire.

Ainsi, mon Enfance veille toujours sur moi, plus espiègle qu’une bonne fée, plus affable qu’un ange gardien… Et le soir quelquefois, quand les vagues s’arrêtent, comme disait Jacques Brel, j’entends comme une voix :
« Dis, qu’est-ce qu’on mange, ce soir ?
- Des souvenirs !
- Quelle époque ?
- 77, un grand crû ! Et je t’ai préparé de petits amuse-gueules de 75.
- OK, ça me convient ! »
Voilà, vous m’excuserez, M’sieurs-Dames, je dois vous laisser, j’ai une Enfance à nourrir !


(c) avril 2005. Texte du Chapelier fou.


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